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Voyage de plusieurs mois en Amérique du sud, de l'Equateur à la Bolivie, en passant par les Galapagos, l'Amazonie, le Pérou, le Chili, la Patagonie et l'Argentine

30 Oct

EQUATEUR - Tena / Misahualli / Famille quechua

Publié par Anne et Romain  - Catégories :  #Equateur

 

TENA
 

Depuis Baños situé sur le flanc oriental de la cordillère des Andes, la route descend progressivement vers Puyo, ville de 25.000 habitants de l’Amazonie Equatorienne. Peu à peu, la végétation devient exubérante. La température augmente, le temps devient lourd et les vitres ouvertes du bus ne font que brasser un peu plus d’air chaud. Nous ne nous arrêtons pas à Puyo. Nous continuerons notre route vers Tena, un peu plus loin dans l’Amazonie.

Cette ville tranquille est située à la confluence des fleuves Tena et Pano. Ceux-ci charrient les eaux de pluie de différentes vallées de la cordillère. On peut d’ailleurs remarquer un net changement de couleur des eaux lorsqu’il pleut dans une vallée et pas dans l’autre comme ce fut le cas lors de notre passage.



Tena, confluence des fleuves Tena et Pano


La chaleur devient vite insupportable pour nos organismes non habitués à l’Amazonie. Les températures avoisinent les 35 degrés de jour. Très rapidement nous enlèverons nos pulls et pantalons pour les remplacer par tee-shirts, shorts et tongs. On se sent beaucoup plus à l’aise mais c’était sans compter sur un autre facteur insupportable de l’Amazonie : les moustiques !! Ceux-ci attaquent le jour comme la nuit et se moquent pas mal de notre répulsif anti-insectes tropicaux acheté en France. Au bout de deux journées et nuits de lutte acharnée ils remporteront la bataille. Nous préférons porter chaussettes, pantalons et tee-shirts à manches longues pour soulager nos jambes et bras infestés de piqûres.

L’Amazonie, c’est avant tout un vaste territoire tropical qui regorge de forêts profondes, d’une faune riche en oiseaux, mammifères, reptiles, insectes, de torrents turbulents, de lagunes peuplées de caïmans et piranhas. Bref, on comprend vite que cette jungle peut rapidement devenir un enfer pour quiconque n’est pas natif du coin ou n’a pas les connaissances suffisantes du milieu pour tailler son chemin à la machette dans ce concentré de végétation.

Face à nous deux solutions s’imposent : un séjour en lodge ou recourir aux services d’un guide personnel.

Un lodge est un complexe touristique composé de bungalows (avec moustiquaire) et construit avec des matériaux locaux tels que le bois, les palmes et le bambou. Implantés en pleine forêt, ils offrent tout le confort et la sécurité qu’exige l’industrie du tourisme. Les tarifs y sont souvent très élevés en raison de leur emplacement difficile d’accès et parce qu’ils comprennent la pension complète. Nous utiliserons cette formule plus tard, probablement en Amazonie péruvienne. Pour l’heure, nous avons préféré engager un guide personnel depuis Misahualli.

 


MISAHUALLI
 

Misahualli est un petit village situé sur les rives du Rio Napo à environ 1 heure de route de Tena.


Village de Misahualli


Ce village possède une particularité étonnante : une colonie de singes capucins, une des espèces de singes les plus intelligentes d’Amérique, qui a investi la place centrale du village de jour comme de nuit. Habitués à la présence humaine, ceux-ci n’hésitent pas à s’approcher de quiconque aurait quelque chose de comestible a portée de main, et vont même jusqu’à chaparder les produits des boutiques environnantes.

Misahualli sera notre point de départ pour notre randonnée en forêt puisque c’est ici que nous ferons appel, par le biais d’une agence, à Javier, un jeune guide natif du coin pour une excursion de 3 jours.



Petit anaconda domestique


 

FORET AMAZONIENNE
 

L’agence de tourisme nous fournira un pancho en cas de pluie, des bottes en caoutchouc indispensables pour arpenter la forêt et 5 litres d’eau, qui ne suffiront pas à notre besoin pour ces 3 prochains jours. Notre randonnée débutera dans la matinée en 4X4 pour sortir du village. Quelques kilomètres plus loin, le chauffeur nous laisse descendre et nous suivrons Javier pas à pas à travers ruisseaux et sentiers taillés à la machette. Nous devons faire attention à tout ce qui nous entoure, la flore, les branches et les lianes qui pendent jusqu’à terre, les racines des arbres sorties de terre et cachées par les feuilles mortes, et la faune avec les milliards d’insectes rampants et volants.



La forêt émet en permanence de nombreux cris d’animaux différents, principalement oiseaux et grillons. Des papillons aux couleurs écarlates et d’un bleu métallique virevoltent à côté de nous. Des araignées venimeuses et inoffensives tissent leur toile entre les feuilles des arbres centenaires et les oiseaux jouent à cache-cache dans les branches.



Il fait chaud et humide. A chaque pause nous en profitons pour boire de l’eau et nous asperger de répulsif anti-moustiques. Le guide en profite pour nous montrer les différentes espèces d’arbres et de plantes qui nous entourent. Certains scientifiques viennent de loin pour en étudier les vertus. Le poumon de la planète est impressionnant, nous sommes toujours en admiration devant cette nature luxuriante.


Arbre centenaire

 

Les animaux se feront discrets. Trop craintifs, la plupart se cachent avant notre arrivée, nous ne verrons donc pas de félins ou de reptiles.

Apres cinq bonnes heures de marche, nous quittons la végétation pour entrer dans une zone de déforestation. Le changement est radical. Des centaines d’arbres sont à terre, il n’en reste que les troncs dont la plupart sont déjà débités sur place. Nous approchons de notre campement. Ils ouvrent des clairières pour faire des plantations de bananes, cacao, citrons et autres fruits tropicaux. Quelques chiens squelettiques nous accueillent avec aboiements, des poules, poussins et coqs courent sur le terrain ou picorent aux alentours. Deux cabanes en bois montées sur pilotis couvrent le terrain de terre. Du linge est étendu et l’on peut deviner la présence d’enfants en bas âge.

 


Javier, habitué des lieux, nous propose de prendre une douche et de se reposer en attendant l’arrivée de la famille quechua. Les indigènes quechuas sont un des groupes ethniques Equatoriens vivants dans la forêt amazonienne. Ce qui fait office de douche est un tuyau d’arrosage qui coule dans une grande bassine, à l’arrière de la maison. Le point d’eau sert de salle de bains, de lave-vaisselle et de lave-linge. Aucune intimité, les toilettes sont désignées comme étant à l’autre bout du terrain, derrière les plantations et les hautes herbes. La seconde cabane est la cuisine, les aliments sont disposés à même le sol et un petit foyer sert de four. Nous nous demandons avec une certaine inquiétude où nous allons dormir.

La famille arrive en fin d’après-midi, en pirogue. Les enfants reviennent de l’école et les parents du travail.




Le père vient nous serrer la main. La mère et les enfants nous disent bonjour timidement de loin et partent chacun dans leur coin. Nous allons participer à la préparation du diner. Romain se chargera de couper du bois à la machette et Anne ira déraciner du yuca, sorte de féculent. Nous mangerons seuls avec Javier, en silence à la lueur d’une bougie, sur une table en bois où repose une immense feuille de bananier en guise de nappe. L’atmosphère est pesante, car nous sommes gênés de devoir tourner le dos à la famille tapie dans le coin de la pièce. La conversation ne se fera qu’avec Javier, car la famille ne semble pas s’intéresser à nous et ne dialogue qu’en quechua.

Puis vient l’heure de dormir, et c’est avec appréhension que nous observons notre lit se préparer. Deux matelas sur le plancher, en dehors des deux chambres déjà utilisées, et un grand drap en guise de moustiquaire. Malgré les apparences, nous avons plutôt bien dormi.




Le lendemain, petite excursion dans les alentours pour connaitre les différentes plantations des familles quechua des environs. Beaucoup de bananiers, manguiers, cacaotiers, maïs, citronniers, yucas et ananas.


Vue sur les plantations quechua

 

Bananier

Le climat est vraiment lourd et nous avons passé l'après-midi à nous reposer en attendant que la famille qui nous héberge rentre du travail. Le temps nous paraitra long avant la tombée de la nuit. Nous profiterons de la fraicheur pour partir en excursion nocturne avec Javier. Si l’Amazonie est magnifique la journée, elle est intrigante la nuit. Elle résonne de cris d’animaux nocturnes et les feuilles bruissent de façon inquiétante de toute part.


Coucher de soleil


Nous sommes impressionnés par l’habileté des enfants. Agées d’à peine 10 et 12 ans, les deux ainées découpent des bananiers à la machette en quelques secondes. Les deux plus jeunes piétinent sans hésiter les fourmilières par amusement et courent partout en toute innocence à travers terrains et forets, les pieds nus. Ils capturent des crapauds venimeux avec de grands sourires et les rapportent dans la cuisine pour le repas du soir.

Puis nous quittons les lieux le troisième jour après un dernier au revoir aux enfants. La pirogue qui devait nous attendre n’est jamais venue, et c’est en coupant à pied à travers les plantations et la forêt que nous avons regagné la rive un peu plus en contrebas. Javier  a sifflé une pirogue passant sur la rivière pour nous prendre en stop…jusqu’à la prochaine route où nous attendront le passage d’un bus. Une expérience forte et vraiment depaysante.




Nous visiterons un petit musée d'artisanat quechua avant de rentrer à Misahualli, où nous passerons une dernière nuit à contempler le fleuve Napo du haut de nos hamacs.

Le lendemain, nous avons visité un centre de refuge pour animaux capturés illégalement ou maltraités par l’homme.



Deux tortues et un caïman


Ocelot

Ouistiti


Singe hurleur

Notre prochaine étape se fera de l'autre côté des Andes, côté pacifique, changement de décor radical en perspective.
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Elsa 25/07/2017 00:10

Bonjour
Votre article est très intéressant. Je suis actuellement à Banos et je pense poursuivre sur Tena. J'aimerais savoir si vous vous rappelez le nom de l'agence avec laquelle vous avez réservé votre guide.
Merci d'avance
Elsa

Romain GAILLARD 25/07/2017 20:43

Bonjour, Non je ne m'en souvient plus. Cette agence était situé sur un angle de la place de Misahualli. Bon voyage !

Didier 07/07/2015 21:38

Lecture instructive en chemin vers Misahualli avec mz fille de quinze ans qui n'a aucune experience dans ce genre d'aventure! Je vais donc y réfléchir un peu plus. Un backpacker m'a lui aussi recommandé ce lieu sans mentionner ces 5 h de marche mzis plutôt de la pirogue

Romain 11/07/2015 22:19

Bonjour, Oui renseignez-vous auprès d'une agence locale à Misahualli. Le trajet en pirogue est réalisable, c'est le moyen que nous avons utilisé pour revenir au village. Cela dit, la marche à pied se réalise tranquillement. Nous avons eu le temps de faire des pauses, prendre des photos et discuter avec notre guide. Le plus pesant dans la forêt amazonienne, c'est la chaleur et l'humidité. Bon voyage !

Arnaud 31/10/2009 18:33


Un petit anaconda ! Ouais super ! lol
De belles aventures encore une fois.
Et au fait vous en avez mangé du crapaud vénimeux ?


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